Je vous dois un aveu

Je vous dois un aveu. J’ai longtemps eu du respect pour le Conseil de l’ordre et pour les Bâtonniers.

C’est vrai. Ma carrière professionnelle n’a pas été un long fleuve tranquille. Mes combats, notamment pour la liberté d’expression, m’ont valu d’être poursuivi plus d’une fois. Sans parler des procès en diffamation.

Je me suis souvent heurté à de puissants intérêts. Ou à de médiocres représailles. Plusieurs fois mis en difficulté, il m’est arrivé de me tourner vers mon Bâtonnier. En situation d’urgence, on pouvait franchir la porte du Bâtonnier et lui demander conseil.

Primus inter pares, celui-ci exerçait alors un véritable magistère.

J’ai révéré Louis-Edmond Pettiti. J’ai aimé Mario Stasi. J’ai respecté les Bâtonniers Ader et Bigault du Granrut. J’ai admiré ces figures. Les rituels un peu surannés du Conseil de l’ordre, les privilèges qui accompagnaient la fonction de Bâtonnier ne me heurtaient même pas. D’une certaine manière, ils étaient mérités. Et il ne serait venu à l’idée de personne de mettre en doute leur désintéressement. C’est dans cette lignée que j’entends inscrire ma candidature. Et mon mandat, si vous en décidez.

Au fil des années, l’institution du Bâtonnat, à quelques exceptions près, a changé de nature. Les connivences et l’autoritarisme ont pris le dessus. C’est vrai. J’ai la nostalgie d’une époque ou les Bâtonniers inspiraient le respect. Une époque ou la confraternité n’était pas un vain mot.

C’est vrai. Au cours de cette campagne, j’ai durci le ton de mes critiques. Je les ai documentées. J’ai soumis à examen le bilan du Dauphin sortant. J’ai renoncé aux prudences habituelles.

Le dauphin sortant s’est muré dans le silence. Son silence n’est pas indifférence : dans l’ombre, une partie de l’appareil ordinal s’est mobilisée pour faire obstacle à ma candidature. Le matériel électoral suggère insidieusement que le scrutin n’aurait pour objet que la seule confirmation du Bâtonnier désigné. Mieux : un ancien Bâtonnier a cru bon de soumettre, il y a 48 heures, au Conseil de l’Ordre une motion condamnant ma candidature comme rompant avec les usages. En pure perte.

C’est vrai, il m’est arrivé de me sentir un peu seul. Dans les courriers que nombre d’entre vous m’adressent, j’ai aussi trouvé souvent encouragements et réconfort. J’y découvre également des diagnostics et des griefs à l’encontre de notre instance ordinale. Des préconisations et des doléances.

Si j’aspire à être bâtonnier, c’est pour m’inscrire dans une lignée prestigieuse. Et restituer à cette fonction la dignité qu’elle n’aurait jamais dû perdre.

C’est vrai. J’ai pris de nombreux engagements. Si vous m’élisez, il ne sera pas aisé, en deux ans, de tous les tenir. Je ne ménagerai pas ma peine, soyez en sûrs. Sachez, en tout cas, que ce mandat ne sera pas mis au service d’une ambition ou d’une carrière.

A 62 ans, professeur des universités, 40 ans de barre, je n’ai plus rien à prouver.

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